Interview parue dans le magazine AUJOURD’HUI L’AFRIQUE

Interview parue dans le magazine AUJOURD’HUI L’AFRIQUE

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Question 1 : M. le Président, plus de 90% des opérateurs économiques en Afrique et particulièrement au Togo utilisent la mer et les océans dans leurs différentes opérations commerciales. Dans ce cadre, que représente pour les grandes entreprises togolaises, l’organisation et la tenue d’un tel sommet à Lomé ?

La tenue d’un sommet d’une telle portée au Togo est une reconnaissance des efforts entrepris par le gouvernement, les organisations de la société civile et les acteurs du secteur privé togolais pour l’amélioration de l’environnement socio-économique et politique au Togo, et pour cela tous les togolais doivent être fiers. Le port de Lomé est le seul port sur la côte ouest-africaine par lequel on peut atteindre plusieurs capitales en un seul jour. Le port de Lomé peut ainsi offrir l’acheminement des marchandises à des coûts très compétitifs et devient de ce fait un outil de l’intégration régionale. Depuis sa création en 1967, le port de Lomé n’a cessé de se moderniser, attirant des investisseurs de tous les continents, des investissements matérialisés par d’importants projets tels que la construction du 3ème quai au Port Autonome de Lomé par le Groupe Bolloré et la construction de la nouvelle darse de Lomé Container Terminal.

L’efficacité des opérations au port de Lomé a été récemment confirmée par La Banque Mondiale dans son rapport 2016 sur l’indice de la performance logistique ou le Togo a progressé de 47 places passant du 139e rang au 92e. Le Togo fait mieux que la Colombie, la Côte d’Ivoire, la Russie ou le Sénégal.

La tenue du sommet sur la sécurité et la sureté maritime au Togo vient à juste titre couronner les efforts menés par le Togo.

 

Question 2 : Quelles sont les opportunités d’affaires que les entreprises togolaises peuvent tirer d’un tel sommet, et quelles en sont pour elles, les perspectives à court, moyen et long terme ?

L’impact du sommet sur la population togolaise est palpable, le Togo tout entier est en effervescence à l’approche de ce sommet. L’économie bleue n’est plus une simple notion abstraite, c’est un fait et le Togo l’illustre très bien en s’imposant dans la sous-région comme l’un des pays tirant profit au mieux de son potentiel portuaire, d’où l’importance de la tenue de ce sommet au Togo. Les opportunités sont immenses, les complexes hôteliers, les commerces, les agences de presse et médias etc. vont en bénéficier en premiers. Au-delà des retombées immédiates, l’image du Togo tout entier en sort redorée, le Togo qui pendant des années était considéré comme la Suisse de l’Afrique retrouve ses lettres de noblesse. Le Togo dispose aujourd’hui de routes modernes, spacieuses, éclairées, des grattes ciels et infrastructures à la pointe de la technologie, en témoigne l’hôtel Radisson Blue entièrement rénové qui accueille le sommet. Des visionnaires tels que les groupes Bolloré, MSC, Maersk, Total, Shell, Heidelberg etc. ont fait le choix du Togo depuis plusieurs années, aujourd’hui ils ne peuvent que se réjouir de leur choix, ils sont aujourd’hui des leaders, des champions qu’on ne peut que féliciter. Je pense que le Togo comme hub commercial de l’Afrique dans les dix, quinze prochaines années n’est plus un rêve, c’est une réalité qui est en cours de concrétisation.

 

Question 3 : Comment se présente l’environnement des affaires au Togo aujourd’hui relativement au code des investissements, ainsi que la santé économique du pays de façon globale ?

L’environnement des affaires au Togo est en pleine réforme depuis ces dix dernières années, réformes qui ont favorisé l’émancipation d’entreprises championnes qui se sont réunies pour créer l’AGET et un tissu dense de petites et moyennes entreprises très dynamiques qui constituent l’avenir du tissu économique togolais. Les réformes en cours portent leurs fruits et se traduisent notamment par une amélioration notable du classement ‘’Doing business’’ de la Banque mondiale où le Togo n’a cessé de progresser au cours de ces dernières années. Concernant le code des investissements, l’AGET a travaillé avec le gouvernement togolais pour la mise en place de ce nouveau code qui permettra d’attirer plus d’investisseurs et de mieux catalyser les affaires au Togo. Le nouveau code des investissements pourrait déjà s’appliquer mais demande encore quelques améliorations pour être réellement compétitif avec ceux des pays voisins. Dans l’ensemble, le Togo a fortement progressé ces dernières années sur le plan économique. Cependant la crise des prix des matières premières et la chute du cours du pétrole ont fortement impacté les économies voisines du Ghana et du Nigéria, ce qui a des répercussions sur tous les pays de l’Afrique de l’ouest notamment le Togo. Jusqu’alors, bien que les entreprises togolaises soient confrontées à une forte concurrence des produits du Nigéria et du Ghana, les entreprises togolaises sont bien armées pour résister et sont capables de faire face. L’économie togolaise s’en sort plutôt bien dans son ensemble et cette situation va encore s’améliorer.