Economie du Togo – Vue générale

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Le Togo qui, selon le dernier recensement de la population compte 5,7 millions d’habitants contre 5,2 millions en 2006, a connu depuis le début des années 90 une crise politique grave qui a fortement freiné son processus de développement et a contribué à affaiblir son tissu économique et industriel.

Globalement, la situation depuis 1991 se caractérise par un ralentissement significatif de la croissance, dont le taux annuel moyen au cours des 15 dernières années n’a été que de 1,1%, niveau largement inférieur à l’accroissement naturel de la population estimé à 2,4% par an.

La conséquence immédiate est une dégradation des conditions de vie de la population (avec un indice de développement humain qui est passé de 0,499 en 2007 à 0,428 en 2010, PNUD) dont 62% vit en dessous du seuil de pauvreté (Rapport Banque mondiale, Septembre 2010).

Même s’il a regagné deux places en 2010 selon l’édition 2010 du Doing Business et après en avoir perdu quatre entre 2008 et 2010, le pays apparait de moins en moins attractif pour les investisseurs. Cette situation a été accentuée par la crise des finances publiques dans un contexte de rupture des relations avec les institutions de Bretton Woods provoquant une réduction significative de l’aide internationale entre 1992 et 2007.

Cette crise économique et financière a eu des répercussions importantes sur tous les secteurs de l’économie en particulier les entreprises du secteur privé (service et industrie), avec un affaiblissement du secteur bancaire (la plupart des banques du secteur public sont dans une situation de restructuration), et un très faible niveau d’investissement, qu’il soit étranger ou national.

Les finances publiques sont caractérisées par un déficit budgétaire qui a donné lieu à une accumulation d’arriérés de paiement tant intérieurs qu’extérieurs qui depuis 2009, font l’objet d’une politique d’apurement. Malgré les efforts des autorités pour le paiement de la dette intérieure, son niveau reste élevé et ses modalités de paiement restent contestées par la partie concernée du secteur privé.

Cependant, depuis 2005, le Togo connait une nouvelle ère de stabilité politique qui couplée de réformes dans la gestion des finances publiques entraine un regain de confiance de la part des bailleurs de fonds. Ceci a conduit à l’allègement de 80% de sa dette en Décembre 2010 à la faveur de l’initiative PPTE et à l’annulation de la totalité de sa dette vis-à-vis de la France. Cette situation devrait contribuer à instaurer un climat plus propice aux affaires, à la condition toutefois que des mesures susceptibles d’impulser une nouvelle dynamique à l’économie soient mises en œuvre afin d’accélérer la croissance et d’améliorer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et mondiaux.

Le gouvernement devrait accentuer son effort sur les atouts naturels et stratégiques du Togo, notamment son littoral et sa situation géographique exceptionnelle, ce qui lui redonnerait le statut de porte principale d’accès de la sous région UEMOA. De grands travaux d’infrastructures ont été engagés, cependant beaucoup sont encore attendus et de nombreux problèmes continuent de pénaliser la bonne marche des affaires.

C’est dans ce contexte que l’AGET a entrepris d’apporter sa contribution à la reprise annoncée par une réactualisation de l’édition 2008 de son livre blanc sur l’économie togolaise.